• L'approche par compétence: définition et principes

    L’approche par compétences (APC) : Définition et principes


    Dans les années 80 et avant son apparition dans le domaine scolaire, l’APC était adoptée dans les formations professionnelles visant à perfectionner les compétences de personnels et améliorer leur productivité. C’est une méthodologie ciblée dans la mesure où elle fixe un référentiel de compétences à atteindre vers la fin de la formation dans un poste de travail bien déterminé.

    Partant de ce principe (un référentiel de compétences) l’APC fut adoptée dans le domaine de l’enseignement et elle est de plus en plus admise dans les systèmes éducatifs. A nos jours on parle de compétences noyaux en Suisse, Canada et en France et les socles de compétences pour l’enseignement fondamental et les compétences terminales et savoirs requis pour l’Humanité générales et technologiques en Belgique et les compétences de base en Mauritanie, Djibouti etla Tunisie…

    Dans le processus Enseignement/Apprentissage l’approche permet l’élève d’acquérir des compétences durables susceptibles de l’aider dans son parcours éducatif et dans la vie quotidienne. Elle met l’accent sur tous ce qui est fondamental afin de garantir une meilleure transmission des savoirs. L’APC devient donc la base pédagogique de touts les constituants de l’enseignement.

    Les actions et les reflexes de l’apprenant deviennent la principale source de son apprentissage, elle vise à mettre l’apprenant dans le centre du processus éducatif pour lutter contre son échec.

    L’approche par compétences était l’objet de plusieurs travaux élaborés par les didacticiens tel, Philippe Perrenoud[1] qui suppose que pour garantir la bonne pratique de cette approche dans les systèmes éducatifs il faut rénover et réécrire les  programmes pour qu’il ait une cohérence entre les intentions (les objectifs) et leurs mises en œuvre (la pratique).

    Perrenoud définit cinq principes fédérateurs pour enseigner selon l’APC [2]:

    -         Créer des situations didactiques porteuses de sens et d’apprentissages.

    -         Les différencier pour que chaque élève soit sollicité dans sa zone de proche développement.

    -         Développer une observation formative et une régulation interactive en situation en travaillant sur les objectifs obstacles.

    -         Maitriser les effets de relations intersubjectives et de la distance culturelle sur la communication didactique.

    -          Individualiser les parcours de formation dans le cycle d’apprentissage pluriannuels.

    Dans ce qui suit nous allons essayer de déterminer les principaux valeurs et principes sur les quels s’appuie L’APC.

    · Le premier principe « ce qui est significatif pour l’apprenant réside mieux à l’usure du temps », l’enseignant veille à créer des situations d’apprentissage porteuses de significations  pour l’apprenant dans la mesure où elle relie les savoirs à des pratiques sociales qui font partie de son environnement socioculturel. La formation se libère de son champ de matières et des connaissances cumulées pour atteindre ce X. Rogiers l’appelle «  la variété écologique ».

    Ce principe consiste donc à amener l’apprenant à mobiliser ses savoirs en touchant ses centres d’intérêt ce qui lui permet de contextualiser les savoirs acquis et saisir leur utilités. L’APC présente un atout pour créer et donner du sens au travail scolaire et l’apprenant devient un sujet actif dans l’enseignement et l’artisan de son propre savoir.

    · Le deuxième principe c’est la création d’un apprentissage en « situation ».  L’approche se repose sur la « situation » qui représente l’outil primordial de l’intégration des savoirs, X Rogiers définit la situation « un exemple d’informations destiné  à une tâche précise »[3]. L’importance n’est plus accordée au savoir/savoir faire de l’apprenant mais plus tôt à la mobilisation de ses connaissances dans les différentes situations et circonstances.

    · Un enseignement basé sur les cycles : afin d’établir des compétences durables donc il est nécessaire de décaler les échéances d’évaluation pour avoir le temps nécessaire à la construction des savoirs et d’apprentissages.

    Ce principe véhicule l’idée que ce qui est fondamental à un niveau d’études donné n’est pas celui d’un autre niveau, d’où le besoin de hiérarchiser les compétences visées d’un niveau à l’autre et l’évaluation ne porte que sur ce qui est fondamental et nécessaire pour la poursuite des études donc il fallait faire une répartition de l’enseignement sur les cycles et sur des degrés et opter une évaluation de type formative pour évaluer le niveau atteint et remédier les lacunes chez l’apprenant.

    · La différentiation : elle s’appuie sur le principe des différences individuelles dans l’apprentissage puisque chaque apprenant apprend un peu à sa manière il a son propre rythme, ses compétences spécifiques et ses difficultés particulières, tenir en compte de cette diversité permet de garantir l’égalité des potentialités et des chances de réussite pour tous les apprenants. 

    Finalement nous pouvons dire à travers la lecture de différents principes de l’approche par compétences qu’elle répond au besoin de réduire l’échec scolaire chez les élèves tant qu’elle place  l’apprenant au centre de l’action éducative, il devient le principal acteur dans le processus Enseignement/Apprentissage


    [1] Voir notamment les travaux de J.M Deketel et X. Rogiers.

    [2] Perrenoud. Ph.  « L’approche par compétences, une réponse à l’échec scolaire ? » in AQPC Réussir au collégial. Actes du Colloque de l'association de pédagogie collégiale, Montréal, septembre 2000. [En ligne], http://www.unige.ch/fapse/SSE/teachers/perrenoud/php_main/php_2000/2000_22.html

     

    [3] Roegiers. X. une pédagogie de l’intégration, compétences et intégration des acquis dans l’enseignement, Edition de Boeck, 2000.

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  • Commentaires

    1
    Samedi 1er Février à 21:52
    je me demande est ce que l'APC peut répondre aux probleme éducatifs qui se posent aux pays en voie de developpement comme le notre. la question de cout et du temps, le nombre des élèves et la formation des enseognants et que sais- je encore
    2
    Vendredi 21 Février à 10:20

    effectivement l'APC n'est pas une simple application de quelques principes didactiques, c' est la mise en pratique de toute une nouvelle politique éducative qui place l'apprenant au centre de l'action éducative. C'est aussi la mise en place d'une infrastructure développée dans l'école les TIC, des salles de cours favorables pour l'action éducative:  suivi personnalisée des apprenants sur tous les plans, diminuer le nombre des apprenants par classe (qui atteint souvent 40) etc.. sans oublier les enseignants (conditions favorables de travail financières, pédagogiques ...) 

    Donc, pour les pays en voie de développement la mise en pratique de cette approche est jugée coûteuse ! Puisque on n'est pas prés à "mettre le paquet" et faire des investissement dans l'éducation malheureusement ! 

    3
    mimbe danie
    Vendredi 28 Mars à 19:54

    C 'est  beau l'APC mais comment l' appliquer dans une classe à grand effectif (90 élèves minimun) ?

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